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Écrivain phare de la littérature tunisienne…

Vers 15/16 ans, il commet un petit texte qu’il adresse à Julliard. Pourquoi pas moi ? se dit-il. Il envoie aussi des vers aux filles dont il tombe amoureux, et qui, bien souvent… l’éconduisent. Et puis un jour, flânant dans le quartier Saint-Michel, il entre dans la librairie Maspero, et tombe sur Cent Ans de Solitude de Gabriel García Márquez. Illumination.

Ses études terminées, retour à Tunis. Avocat pour gagner sa vie, il écrit aussi, fait revivre des traces comme on inscrit des lettres sur le sable.

Son dernier texte, Chems Palace, paraît aux éditions Elyzad en 2014

On le cite :

Je suis un hédoniste tragique  


 

Votre musique de coeur ?

La Sonate pour arpaggione de Schubert
Le Concerto pour piano n°20 de Mozart
Le Requiem de Mozart
Kind of Blue, Schetches of Spain, et la bande son d’Ascenseur pour l’échafaud de Miles Davis.
My favorite things, Love Supreme et Naima de John Coltrane
Et aussi tout Brassens et Ferré
Et bien d’autres.

 

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Vous fredonnez sous la douche ?

Parfois, quand je ne me lève pas du pied gauche.
Je suis de la mauvaise herbe/ Braves gens, braves gens… Ou alors : Avec le temps / Va, tout s’en va. Ou bien : Tout en haut de la rue Saint-Vincent / Un poète et une inconnue / S’aimèrent l’espace d’un instant / Mais il ne l’a jamais revue

Un(e) peintre chéri(e), ou une toile…

Les nymphéas de Monet
Les odalisques de Matisse
La nuit étoilée de Van Gogh
Mais aussi Gauguin, Utrillo, Bonnard, certains Valloton.
Et d’autres que j’oublie.

 

odalisque_ matisse

 

Et la photo ?

Oui. Doisneau surtout, Cartier-Bresson et Man Ray.

 

La sculpture, ça vous parle ?

Oh oui ! Le David de Michel-Ange, bien sûr. Bernin, Canova, Rodin surtout ( Le baiser, le penseur, les portes de l’enfer ) Camille Claudel, Brancusi, Bottero et Giacometti.

 

Si on vous dit Arts Visuels ?

J’avoue que ça ne me dit pas grand-chose. La peinture, la sculpture, la photo, le cinéma ne sont-ils pas des arts visuels ? Faut croire que je ne suis pas branché.

Un film qui vous aime (ou l’inverse)

Le dernier qui m’a époustouflé c’est Babel de Inarritu, mais aussi Dans ses yeux de Juan José Campanella. Et beaucoup d’autres, dont Le Mépris de Godard, La Dolce Vita et Amarcord de Fellini, Les Fraises Sauvages et Sonate d’Automne de Bergman, tous les Kurosawa, La femme d’en face de Truffaut, Il était une fois en Anatolie de Nuri Ceylan et Les Citroniers, un film dont je ne me rappelle plus le nom du réalisateur. Et tout récemment Subburra, de Sollima. Et tant d’autres… Je suis un fondu du cinéma.

 

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Êtes-vous jeux vidéo, multimédia ?

Non pas du tout. Je les trouve même dangeureux, surtout pour les jeunes. Les jeux de guerre, qui suppriment toute valeur à la vie humaine. Et en plus, je trouve que ça tue l’imaginaire, ce qu’à tort ou à raison je considère comme un crime contre les enfants. Parlez-moi d’un bon bouquin !

 

Parlez-vous documentaire ? Voire fiction radio ?

Certains documentaires sont intéressants, surtout ceux qui soulèvent les cartes pour voir ce qu’il y a dessous. Par exemple, comment la CIA s’y est prise pour acculer Allende au suicide et introniser Pinochet. Ou alors les dessous de l’invasion de l’Irak ( en deux temps, Bush père et puis le fils, autant dire la peste et le choléra ), le scénario rocambolesque des armes de destruction massive et la fiole d’eau sale exhibée par Colin Powell à l’ONU.

 
Colin Powell
 

Votre livre de chevet ? (qui peut être le Journal de Mickey)

Cent ans de Solitude de Gabriel Garcia Marquez, et Les Fleurs du Mal de Beaudelaire, en alternance

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Je suis un fondu du cinéma

 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Malgré tout, il ne faut pas désespérer de l’humanité

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Camille Claudel

Claudel

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En Tunisie, le couscous au mérou. En France, des huîtres avec un verre de Pouilly Fuissé, ou un confit de canard aux pommes salardaises.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les peuples qui ignorent leur histoire sont condamnés à la revivre

Le livre qui vous a le plus ennuyé ?

Je crois bien que c’est Gilles de Drieu la Rochelle. Mais il y en a eu d’autres, dont je ne garde pas le moindre souvenir. Comme dans la vie de tout lecteur j’imagine.

 

Si on vous dit spectacle vivant ?

Là aussi, ça ne me dit pas grand chose , ou alors ce qu’on appelait des « tableaux vivants « représentés dans les maisons closes des Années Folles. Pour moi, tout spectacle est vivant , par définition. Après on aime ou on aime moins, c’est subjectif, comme tout artefact

 

Une pièce de théâtre en mémoire ?

Pour celles qui sont restées les plus vives dans ma mémoire, Les Trois Sœurs de Tchékhov et Un Tramway Nommé Désir de Tennessee Williams, toutes deux à la Comédie Française. Et aussi Oblomov au Vieux Colombier.

 

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Et la danse, dans tout ça ?

Là je dois avouer mon ignorance quasi-totale. Je me souviens bien d’une représentation du Lac des Cygnes, et d’un spectacle chorégraphique sur la Symphonie n°5 de Mahler. Ou bien un film de Wim Wenders, Pina sur les chorégraphies de Pina Bausch, qui m’avait enthousiasmé. J’aime bien aussi le flamenco.

 

Opéra ?

J’adore. Je me souviens de représentations telles que La Force du Destin ou Aïda de Verdi, La Bohème ou Butterfly de Puccini, ou La Flûte Enchantée de Mozart dont j’étais sorti ébloui. Dommage que les places soient si coûteuses.

 

Verdi

Verdi

 

En deux mots (ou trois), quelle est votre recherche ?

Vivre d’abord. Les Romains disaient : primum vivere… Vivre en accord avec moi-même, et avec ceux que j’aime. Partager le plaisir, comme on partage le pain. L’un n’est pas moins important que l’autre. Comme Onfray, je suis un hédoniste tragique. Puis écrire, bien sûr : retrouver le temps perdu, bien que je sache qu’on ne le retrouve jamais. Retrouver l’air du temps, les couleurs, les sons, les odeurs, les sensations, les sentiments. Rendre ( ou essayer de ) rendre le senti de l’existence, explorer la vie dans tous ses recoins, y compris les plus obscurs. Et lire, et lire et relire, sans arrêt, la littérature du monde entier, parce que la littérature c’est toute l’humanité et que l’humanité est universelle.

 

La dernière chose que vous ayez apprise ?

Que malgré tout, il ne faut pas désespérer de l’humanité. Que les dictatures ne sont pas éternelles, par bonheur. Qu’il appartient à chaque peuple de choisir son régime politique, et non aux puissances étrangères à le lui imposer à coups de bombes et de missiles. Que l’impérialisme est une plaie mortelle.

 

Vous n’aimez pas, mais vraiment pas…

Le racisme sous toutes ses formes.

 

Votre plat préféré ?

Si je suis en Tunisie, le couscous au mérou. En France, des huîtres avec un verre de Pouilly Fuissé, ou un confit de canard aux pommes salardaises. C’est un peu lourd, mais c’est bon.

Avez-vous une actualité culturelle, un ou des projets en cours ?

Je suis plongé jusqu’au cou dans l’écriture d’un nouveau roman. Une sorte de traversée de l’époque coloniale, mais avec des retours sur le présent. Notre passé éclaire notre présent. Je crois comme disait Braudel que les peuples qui ignorent leur histoire sont condamnés à la revivre. Mais il s’agit bien d’un roman, d’une fiction, et non d’un livre d’histoire. Et pas non plus un « roman historique », non juste un roman.

 

Qui2

 

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