Bessora

Auteur lunatique à géographie variable.

Naît en Belgique, père gabonais, mère suisse.

Premier roman en 1999, « 53 cm », parodie de l’ethnologie d’aujourd’hui. En 2001 elle reçoit le prix Fénéon pour « Les Taches d’encre », au Serpent à Plumes. « Cueillez-moi, jolis Messieurs… » chez Gallimard, est récompensé du Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 2007. A noter aussi sa sélection parmi les meilleures fictions européennes dans le « Best European Fiction 2016″ (Dalkey, 2015).

La traduction anglaise de « Alpha » (Gallimard) sort ces jours-ci. De même que « Le Testament de Nicolas » (La Margouline), où Bessora entre dans la peau d’un gamin qui, entre la France et la Syrie, se transforme en monstre.

Bessora est aussi vice-présidente du Syndicat National des Auteurs Compositeurs qui fête ses 70 ans cette année.

Son site

 


 



Votre musique de coeur ?

Celles que j’ai reçues enfant, en voiture, sur les routes de Floride. Bach, Franco Ok Jazz, Bécault. Mon père était au volant.

Vous fredonnez, sous la douche ?

Non. Mais j’aurais voulu chanter Feeling Good comme Nina Simone.

Un(e) peintre chéri, ou une toile…

Bosch… du travail de Pro. Son Jardin de Délices ! Ce type est un extra-terrestre.

La sculpture, ça vous parle ?

Chaussures au bord du Danube, de Gyula Pauer et Can Togay. Pour sa profondeur et sa sobriété. C’est un mémorial, mais sans grandiloquence.

Un film qui vous aime (ou l’inverse)

Song of the sea, de William Collins et Tom Moore. C’est un très beau film d’animation sur une fée de la mer dont le chant peut délivrer des êtres ensorcelés. Mais je change souvent de film qui m’aime. Je suis très peu fidèle en audiovisuel. J’ai aussi beaucoup aimé Eye in the sky, sur un scénario de Guy Hibbert. Drones et guerre préventive. Frappes chirurgicales. Sentences de mort sur la base de statistiques. Dommage collatéral. Propagandes démocratiques. Toute cette irréalité qu’on se prend maintenant en pleine figure.

Êtes-vous jeux vidéo, multimédia ?

Autrefois, j’étais Prince of Persia.

Parlez-vous documentaire ? Voire fiction radio ?

A world not ours, écrit, réalisé, et produit par Mahdi Fleifel. C’est le portrait doux-amer et tragi-comique de trois générations d’exilés dans le camp de réfugiés d’Ein el-Helweh, dans le sud du Liban. Le sujet de la dépossession y est traité avec beaucoup de sensibilité. Les archives personnelles et la voix off donnent un côté singulier et littéraire à ce documentaire. On a l’impression que son auteur l’a porté pendant des décennies avant de l’écrire et de le réaliser. Le résultat est très abouti, sans être trop parfait.
 

Votre livre de chevet ? (qui peut être le Journal de Mickey)

Le dernier catalogue de chez Picard. Je n’ai pas de livres sur ma table de chevet. Mes livres couchent sous mon lit, avec mes manuscrits.

Le livre qui vous a le plus ennuyée ?

Je ne veux pas me faire d’ennemis.

Une pièce de théâtre en mémoire?

Cyrano bien sûr, puisque j’y ai honteusement puisé pour écrire un roman. Cyr@no a parfois été pris pour un hommage à Rostand. Alors que je ne suis fan ni des hommages, ni de Rostand.

Et la danse, dans tout ça ?

J’en ai fait pendant des années. Classique, Ballet-Jazz… J’ai joué Méphisto, une des Trois Grâces, une fleur aussi dans Casse-Noisette. J’y ai gagné un tendinite chronique des adducteurs et un ménisque déchiré.

Opéra ?

Don Giovaaaaaaaniiiiiiiiii ! A cenar tecooooooooo !

En deux mots (ou trois), quelle est votre recherche ?

Je voudrais être une fée du logis.

La dernière chose que vous ayez apprise ?

Qu’on n’avait plus droit qu’à un bagage cabine, sur Easyjet. Sac à main compris. Dégueulasse.

Vous n’aimez pas, mais vraiment pas…

Easyjet. (Et la promiscuité).

Votre plat préféré ?

Aujourd’hui, c’était un variation autour du chocolat.

Votre actualité culturelle ?

Un roman, Le Testament de Nicolas. Ecrit en 2014, terminé en janvier 2015. J’avais dans l’idée d’en faire un roman graphique, comme Alpha. Même s’il est (beaucoup) moins lumineux, Nicolas est un frère d’Alpha. Finalement c’est devenu un roman tout court.


 

Le Testament de Nicolas

La Margouline – Globe Auteurs

Parution : 01-09-2016

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans…

Récit d’une jeune conscience peu à peu rompue au djihad militant. L’idée de mort le hante, et sa quête de sens, pourtant absolument sincère, le mène dans une Syrie où il finit bourreau, puis martyr au service d’un totalitarisme.

Au-delà de l’analyse sociologique ou du reportage, Bessora entre ici dans la peau d’un gamin qui se change en monstre. Mais pour être monstre, il faut d’abord être humain.

 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 

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Nicolas-1ère

One Comment

  1. Nicolas pourrait bien faire un ou deux beaux romans graphiques, l’un en noir et blanc avec très peu de mots et l’autre par un deuxième dessinateur avec des dessins plein de lumière. Je vois bien ça. Et je regrette de n’être pas dessinateur…

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